Nouvel hôpital de Gien : la première pierre est enfin posée !
Sa mise en service est prévue pour l'été 2010. Le chantier de la polyclinique devrait démarrer en septembre prochain
« Enfin ! Gien voit enfin le début de la construction du nouvel hôpital de Gien » confiait Rudy Lanchais, le directeur par intérim de l'hôpital Pierre Dézarnaulds à l'issue de la symbolique pose de la première de l'hôpital. Car effectivement, ce nouvel hôpital c'était un peu l'Arlésienne de la cité d'Anne de Beaujeu : « les giennois en entendaient parler depuis quinze ans mais aujourd'hui, même les plus sceptiques sont convaincus puisque les pelleteuses sont là et bientôt les grues » !
Un coût de 30 millions d'euros pour le seul hôpital
Ce projet aura usé pas moins de « cinq générations de directeurs » rappelait Rudy Lanchais en faisant l'historique du projet.
Celui-ci se concrétisera par un nouveau bâtiment de quatre niveaux dont la superficie totale avoisinera 10 716 m2. Il sera capable d'accueillir 113 lits et abritera le service de médecine, le pôle mère enfant avec maternité et pédiatrie et bloc obstétrical, le service d'imagerie médicale et le service des urgences avec hélistation sur le toit.
Ce nouvel hôpital a été conçu par les architectes David et Rivoire, de Clermont-Ferrand qui ont délégué pour l'exécution le cabinet Autret d'Orléans. Le coût de ce nouvel hôpital est chiffré à 30,1 millions d'euros (y compris les options variantes et les démolitions). Le financement est assuré par recours à l'emprunt sur 30 ans, sachant que l'agence régionale d'hospitalisation (ARH) reversera 1,3 million d'euros par an, permettant ainsi de rembourser la totalité de l'emprunt.
L'opération a débuté en décembre 2007 par la démolition des anciens logements de personnels de l'hôpital le long de l'avenue Jean-Villejean et elle devrait s'achever avec la démolition de l'actuelle crèche qui fera place alors à un parking. Car le stationnement sera sans doute l'un des points noirs de ce futur projet...
Si le planning est respecté, les travaux de construction devraient s'achever le premier trimestre 2010 et la mise en service du nouvel hôpital intervenir pour le second trimestre de 2010.
Le chantier de la polyclinique prévu en septembre
Mais d'ores et déjà, Rudy Lanchais l'a annoncé, « l'hôpital devra attendre de 3 à 6 mois supplémentaires pour sa mise en service » ! Car le nouvel hôpital giennois sera commun avec la nouvelle polyclinique Jeanne d'Arc dans le cadre du regroupement hospitalier. Et c'est dans la polyclinique que se situera le futur bloc opératoire commun aux deux structures !
Aujourd'hui, la construction de la nouvelle polyclinique a pris du retard ! Et pour cause, « d'un ménage à deux, on est passé à un ménage à trois » soulignait Rudy Lanchais. En effet, aujourd'hui s'est invité autour de la table des négociations entre les deux partenaires, le groupe Gécimed, qui détient la partie immobilière du groupe de La Générale de Santé.
Ce dernier n'a pas souhaité être locataire par bail emphytéotique du terrain mis à disposition par l'hôpital mais en devenir propriétaire. D'où de nouvelles démarches pour se mettre également d'accord sur un protocole qui retarde le démarrage des travaux que le directeur de l'hôpital espère tout de même pour septembre.
« Un hôpital neuf avec un bloc opératoire virtuel, on ne pourrait pas le supporter » a prévenu de son côté le directeur de l'ARH, Patrice Legrand, qui espère lui aussi « que les partenaires vont s'entendre dans les plus brefs délais », le directeur rappelant aux dirigeants de l'établissement privé que l'Etat finançait indirectement leur projet de reconstruction. D'autant que le projet de réutilisation des murs de l'actuelle clinique avenue de la Marne est bouclé avec la création d'un établissement de post-cure psychiatrique.
« La course est en route messieurs de la clinique, vous avez quelques retards messieurs de la clinique » lançait le maire Jean-Pierre Hurtiger aux représentants de la Polyclinique dont le directeur Jean-Michel Pasdeloup avant d'ajouter « il vous faudra fouetter les chevaux » !
« Tout le personnel attend avec impatience ce grand mariage » assurait le maire en se tournant vers les agents qu'il avait rencontrés lors d'un conseil d'administration précédant la pose de la première pierre.
Sortir l'hôpital d'un boulet budgétaire
Car ces derniers avaient manifesté leur désapprobation le matin en manifestant devant le conseil d'administration pour protester contre le contrat de retour à l'équilibre financier (CREF) de l'hôpital qui vise à faire des économies budgétaires. Et à rogner sur les postes de personnels non médicaux en premier dénoncent les représentants du personnel.
Car le directeur l'a annoncé, le déficit 2007 s'est élevé à 500 000 € sur un budget global de 25 millions d'euros, soit 2 % de la masse financière, parlant « d'un boulet budgétaire ». «Il y aura des efforts importants d'économies qui seront inéluctables » a-t-il prévenu, sachant que la dotation budgétaire n'est plus globale mais fonction du chiffre d'activités médicales.
Un vote à bulletins secrets au conseil d'administration a d'ailleurs conduit une majorité à refuser ce CREF. Le maire de Gien va donc jouer les médiateurs avec le personnel durant le courant du mois de juin « car avec le cadeau que l'on vous fait, il faut trouver une issue positive aux efforts de gestion qui vous sont demandés ».
Le directeur de l'ARH est confiant dans le développement d'activités médicales car le nouvel hôpital de Gien pourrait bien bénéficier des vicissitudes de la polyclinique de Cosne/Loire actuellement en redressement judiciaire. « Vous avez un projet à préserver » leur a dit Patrice Legrand : « plus le déficit se creusera, plus vous rendrez aléatoire le financement de l'investissement ». «Il faudra choisir entre le déficit et le financement de votre projet » a répété le directeur de l'ARH.
Un rapprochement exemplaire
De son côté, la nouvelle sous-préfète Maria-Dolorès Martinez-Pommier n'a pas manqué de rappeler que « lors de sa venue dans le département, la Ministre de la Santé, Roselyne Bachelot a particulièrement apprécié cette opération de rapprochement entre l'hôpital public et la clinique privée ». « Cela va dans la droite ligne de la politique gouvernementale de santé qui vise à favoriser et à encourager les rapprochements pour mutualiser les moyens pour offrir à la population du bassin de santé une offre de soins la plus complète et la plus efficiente possible » ajoutait-elle.
Le directeur de l'ARH a constaté que « vous êtes en avance sur le président de la République » à propos des regroupements hospitaliers. « Vous avez fait de la prose sans le savoir et vous avez su montrer qu'on peut surmonter des antagonismes » poursuivait Patrice Legrand.
Evoquant le retard de la polyclinique, la sous-préfète soulignait « qu'il manque une deuxième pierre pour que l'édifice soit d'aplomb et j'espère qu'elle sera posée prochainement pour que l'année 2010 puisse voir le démarrage de cette structure bicéphale mais complémentaire du pôle de santé giennois ! ».
Un nouveau pôle de santé que le maire de Gien estime essentiel pour aller de pair avec le développement économique du bassin giennois. « Tous ensemble, malades et personnels, nous allons pouvoir bénéficier de ces nouvelles installations » concluait le maire avant de saluer et de dédier les applaudissements de son discours à son ancien adjoint Pierre Charles pour « tout le travail qu'il a fait ici ».
Rémi Bichon