Article du 18/06/2009 à 13:41
Nogent-sur-Vernisson/Pressigny : la prostitution inquiète les élus
Le phénomène s'amplifie à nouveau depuis quelques mois, principalement entre Ouzouer-des-Champs et La Bussière

Le plus vieux métier du monde reste d'actualité. A l'heure où la crise économique, s'amplifie doucement, s'immisçant insidieusement et au quotidien dans le coeur des foyers familiaux, la prostitution remonte à la surface, perfidement, concrétisant ainsi malheureusement un certain degré de misère.
Et c'est à nouveau l'épine dorsale routière du canton de Châtillon-Coligny, l'ex « Route bleue » et RN 7, rebaptisée RNIL 7 par le Conseil général, quand ce n'est pas le CD 940 également, qui se retrouve sur le devant de la scène. De Solterre au nord, en passant par Ouzouer-des-Champs, Pressigny-les-Pins, Nogent (du côté du chemin dit de « la Grande Jument »), Boismorand et La Bussière au sud, elles sont revenues les demoiselles, soit à pied, près d'un sentier s'enfonçant dans les bois, transportées sur place le matin par des messieurs discrets, soit à l'arrêt, au volant de camionnettes plutôt vétustes, attendant le « pigeon » un peu en retrait, mais au bord de la chaussée. Au total, elles sont au moins une quinzaine à faire le pied de grue, les unes à la démarche chaloupée, venues de l'est de l'Europe, n'hésitant pas à héler le client éventuel, les autres, souvent d'origine africaine, se remaquillant, en patientant dans l'habitacle de leur véhicule.
Les élus du canton, eux, constatent les dégâts, débusquent les problèmes, haussent le ton. Ainsi le jeudi 9 avril dernier, Yves Flores, le maire d'Ouzouer-des-Champs, lors d'une réunion avec les commandants de brigades de Lorris et de Châtillon-Coligny, en présence du commandant Monvoisin, a tiré la sonnette d'alarme, expliquant la situation et évoquant en détail des scènes dignes de films X parfois, sans compter la pollution sur le terrain, jonché de préservatifs ou de kleenex !...., quasiment sous le regard des enfants...
Dernièrement, le conseil municipal de Pressigny-les-Pins a également évoqué ce problème en séance et a décidé de poser sur son territoire des panneaux d'interdiction à l'entrée des voies d'accès (sauf aux riverains). « Nous aurons ainsi la possibilité de dresser des procès-verbaux » souligne Brieuc Nicolas, le maire de Pressigny, qui signale aussi que l'exaspération des résidents est à son comble, devant la vision quotidienne de chemins souillés, à quelques centaines de mètres de leur maison d'habitation.
Les responsables des communes de Solterre et d'Ouzouer-des-Champs laissent entendre qu'ils prendront des décisions similaires, en particulier du côté de « Plaisance », l'ancien chemin de Paris à Lyon en passant plus au sud par la Mivoie.
Tous, en tout cas, en attendant, ont sollicité le procureur de la République et la sous-préfète de Montargis à ce sujet, Yves Florès, est monté au créneau le premier, étant un peu le porte-parole des élus du secteur dans cette affaire accablante...
Cette prostitution en bordure d'ex-nationale, inquiète aussi les élus de Boismorand, plus au sud. Ainsi, Raymond Cochard, le premier adjoint, est également révolté et se montre tout à fait d'accord avec ses collègues des communes limitrophes pour enrayer ce phénomène.
Reste qu'en France, la prostitution est autorisée sous certaines conditions. Pour intervenir, il faudrait qu'il y ait flagrant délit et que les souteneurs soient pris sur le fait, selon une opération commandée par les pouvoirs publics, scénario qui a déjà eu lieu après une intervention policière musclée. Hélas sans lendemain, le phénomène ayant repris quelques semaines après, à des endroits différents.
Les élus attendent donc des prises de position plus fermes de la part des représentants de l'Etat dans le département. Car la colère des élus est grande. Ils attendent des réponses et surtout une action ponctuelle de répression afin de dompter cette nuisance inquiétante !
Patrice Digaud

Actualité Flash info