Article du 01/09/2010 à 16:28
La Chapelle-sur-Aveyron : 600 tonnes de paille et de foin ravagées par un incendie
« Je suis passé devant une demi-heure avant, il n'y avait rien » confiait Marc Ben, agriculteur au « Puyseau », à La Chapelle-sur-Aveyron, en contemplant les flammes qui dévoraient l'un des hangars de sa ferme ! C'est vers 17 h 20 qu'il a donné l'alerte samedi après-midi en découvrant l'incendie : « tout était déjà embrasé » explique-t-il. « J'ai juste eu le temps de dégager un tracteur qui se trouvait devant » ajoute-t-il.

se sont présentés sur place, l'ensemble du hangar métallique, prolongé par des travées en bois, soit 1 000 m², était totalement  la proie des flammes, hautes de plusieurs mètres, dégageant à la fois une chaleur intense et une fumée repérable à plusieurs kilomètres à la ronde.
Sous les ordres du capitaine Patrick Maurin, les pompiers des corps de Châtillon-Coligny, Saint Maurice-sur-Aveyron, Châteaurenard, Montargis et Gien, se sont attachés dans un premier temps, à empêcher le brasier de se communiquer à un bois proche du château du Puyseau.
Un câble électrique alimentant cette demeure a d'ailleurs pris feu et a été mis hors circuit par les équipes d'EDF pour faciliter le travail des pompiers. Une remorque agricole à l'arrière du bâtiment ainsi qu'une ensileuse tractée ont brûlé dans l'incendie. Aucun des bovins (240 vaches laitières et allaitantes et leurs suites) se trouvant dans les autres bâtiments assez éloignés du sinistre n'ont heureusement été touchés par les flammes.
Les pompiers ont attendu que l'incendie baisse d'intensité pour noyer l'amas de cendres rougeoyantes constitué de 1 200 ballots de paille et 300 balles de foin, soit environ 600 tonnes de paille et fourrage. Cette tâche s'est effectuée avec le concours des tracteurs et remorques des agriculteurs voisins pour épandre les cendres dans un champ proche, une surveillance s'étant exercée jusqu'à dimanche sur les lieux de l'incendie où se sont rendus le maire de Châtillon-Coligny, Claude Loiseau, le premier adjoint au maire de La Chapelle, Christian Chevallier, en l'absence du maire et conseiller général, Alain Grandpierre.
La destruction totale du stock de paille et de foin de la ferme pour toute l'année à venir n'est pas sans poser des problèmes à l'éleveur pour nourrir son cheptel. Sans doute un appel à la solidarité agricole des éleveurs et agriculteurs du secteur lui permettra de faire face dans l'attente de reconstituer son stock via les marchands de paille et fourrage tout en sachant que cette année, les deux denrées se font rares.
A noter que ce terrible incendie touche une famille déjà endeuillée par un autre drame, celui de la mort en octobre 2008 de François Ben, le père de Marc et époux de sa mère Ghislaine qui travaille avec lui sur l'exploitation. Il avait été mortellement touché au cours d'une partie de chasse,  le tireur fautif venant d'être condamné (notre édition du 26 août).
Quant à l'origine du sinistre, la gendarmerie devait dépêcher sur les lieux un technicien en identification criminelle pour tenter d'élucider les causes de cet incendie, sachant que le bâtiment n'était pas desservi en électricité, qu'il n'abritait aucun engin à moteur, que l'échauffement du foin ne peut être retenu car rentré au printemps dernier et qu'il n'y a pas eu de foudre dans l'après-midi. Il reste la piste accidentelle type étincelle de pot d'échappement d'engin agricole ou la piste d'une main malveillante, les 13 incendies criminels dans le canton voisin de Lorris étant encore en mémoire chez les agriculteurs du secteur.
Rémi Bichon

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