Sury-ès-Bois : une belle fête de Saint-Crassou
Au début cette fête, créée de toutes pièces par quelques copains n'était destinée qu'à faire rire, se moquer un peu et surtout se retrouver localement pour passer de bons moments entre amis. Puis petit à petit l'enfant a grandi, a pris corps et aujourd'hui il est majeur et ce sont plusieurs centaines de visiteurs qui viennent arpenter les rues et les champs de la commune pour assister aux âneries de la confrérie des An'tiers et de ses membres qui s'y connaissent pour amuser la galerie.
La confrérie organisait donc son 19e chapitre, dimanche, en recevant 25 confréries amies en provenance de France et une des Pays Bas.
Cette année encore, la météo extraordinaire a permis à l'organisation du comité des fêtes de rassembler un grand nombre de rigolards.
Tout a commencé sérieusement le matin avec l'arrivée des seigneurs de la journée, les ânes, parqués bien à l'ombre dans le grand pré à proximité de « l'ânodrome », sorte de cirque moderne fait de bottes de paille où dans l'après-midi évoluent d'étranges gladiateurs.
La messe en plein air était célébrée cette année par le père Privat dans le champ de la route de Thou, où l'autel est installé face à la piste de danse et cerné par les baraquements des buvettes et coin repas ! Une ambiance avant l'ambiance !
Dans la foulée et avant le défilé des confréries en ville, la bénédiction des équidés est une coutume et les récipiendaires ne s'y prêtent pas toujours de bonne volonté car ils ont du caractère. Pour le défilé, ânes en tête, la fanfare de Boulleret a emmené les confréries, le groupe de la belle époque 1900 de Bourges et pour l'occasion, les organisateurs avaient ressorti le char du comice aux couleurs du Pays Basque (tous les bénévoles avaient revêtu les couleurs basques, rouge et blanc avec le béret).
Au cours du vin d'honneur s'est déroulée l'une des démonstrations de danses des années folles offertes par le groupe berruyer « La Belle Epoque » ainsi que la présentation des confréries : les Escargotiers de Pierrefitte-ès-Bois, les rognons blancs des Vosges, l'andouille du Val d'Ajols, la confrérie du pissenlit, les berrouetteux de Cernoy-en-Berry, les Tazons, les chevaliers du cep de Verdigny-en-Sancerre, La confrérie d'Amsterdam, les vignerons d'honneur de Crézancy, les cons et fier de l'être, Sancerre, la faisanderie de Sully, la queue de boeuf de Vierzon, la tête de veau de Montmachoux, la haute féronne de Rosny-sous-Bois, Angélique du marais Poidevin, bartiau de Sens-Beaujeu, les ratafieux du sancerrois/Pays Fort, la palaisienne des côteaux de l'Yvette, les côteaux de Sucy-en-Brie, les harengs de Berck-sur-Mer, Saint-Vincent de Champlite en Haute-Saône, la gourmande des mangeux de cerises du Loiret, le chapon des monts de Blond, les birettes de Bué et les An'tiers ; toutes ont été présentées solennellement avant le premier repas champêtre qui précédait les fameuses courses insolites avec les ânes et leurs jockeys improvisés. Rires et situations burlesques étaient de rigueur avec des animateurs de premier choix, Jean-Louis Butet et Jacques Bouillo. Le public amassé auprès de l'ânodrome en a redemandé !
Après un petit quadrille 1900 par « La belle époque » l'heure était à l'intronisation des plus méritants élus pour devenir membres à part entière de la confrérie des An'tiers. Ainsi les quatre nouveaux présentés par le maître de céans au travers d'anecdotes piquantes et succulentes ont été : la reine de Sury-ès-Bois Pauline Babtiste dite Epiphanie pour sa très belle prestation lors du comice mais avec des antécédents d'âneries de bon aloi (très important pour accéder à la qualité de membre), Jacques Bouillo dit Labouille, 61 ans, animateur de courses cyclistes dans la région de Montereau, Corinne Balland 41 ans dite la pianiste professeur de musique et diplômée en musicologie à Tours et Jean-Michel Godon 62 ans dit minouche, ancien de la ville de Bourges dont l'une des dernières âneries en date est d'avoir tenté en vain d'ouvrir la porte de la maison et après maints efforts avoir pu y pénétrer par un étroit soupirail pour enfin réussir à ouvrir cette porte d'entrée qui... n'était pas fermée à clef ! Le choix de ces quatre-là ne devait rien au hasard, les proches avaient bien fait leur travail de rapporteurs...
Une dernière apparition de la fanfare de Boulleret et de la « Belle époque » a précédé le deuxième repas champêtre de la journée, puis tous ont pu danser gratuitement avec Thibault Colas avant le feu d'artifice qui a terminé la journée avant de se retrouver l'an prochain pour de nouvelles âneries.